Kirsty Coventry est la nouvelle présidente du CIO. Lors de la 144e session de l’instance internationale en Grèce, c’est une femme, jeune, et africaine qui a été élue. Le symbole d’un renouveau au sein de l’institution olympique.
Déjà dans la légende du sport africain pour avoir décroché sept médailles olympiques, dont deux en or en natation, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry a encore changé de dimension en devenant la toute première femme à diriger le Comité Internationale Olympique (CIO). Lors de la 144e session de l’instance, la nouvelle présidente a été élue dès le premier tour avec 49 voix, soit la majorité nécessaire pour l’emporter, seulement trois minutes après la clôture du vote. Après huit présidents europens et un américain, c’est la première fois qu’une personne issue du continent africain décroche le rôle le plus important dans le monde de l’olympisme. Âgée de 41 ans, elle est la plus jeune présidente de l’histoire de l’institution. Elle incarne ainsi la modernité et le progrès. Un triple symbole qui représente les valeurs universelles du sport.
Deuxième femme à briguer la tête du CIO, elle a réussi à briser le plafond de verre contre lequel s’était heurtée l’Américaine Anita DeFrantz, alors candidate à la succession de Juan Antonio Samaranch senior mais battue par le Belge Jacques Rogge en 2001.
De nombreuses responsabilités avant d’arriver à la tête du CIO
Élue à la commission des athlètes du CIO en août 2012, en même temps que le triple médaillé olympique de canoë Tony Estanguet, Coventry est ensuite devenue présidente de cette commission exécutive en 2018. Toutefois, elle n’est pas rassasiée et cumule différentes fonctions importantes, siégeant notamment dans six commissions de l’instance internationale, au conseil d’administration d’Olympic Channel et présidant la commission de coordination des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 et des Jeux Olympiques de Brisbane de 2032. Un cumul des fonctions qui lui a permis d’acquérir une solide expérience en plus d’apporter une crédibilité naturelle à sa candidature à la tête du CIO.
Kirsty Coventry a également occupé le poste de Ministre de la Jeunesse, des Sports, des Arts et des Loisirs dans le gouvernement de son pays le Zimbabwe. Nommée en septembre 2018 par le président Emmerson Mnangagwa, elle avait été reconduite dans ses fonctions en août 2023.
Un engagement qui lui vaudra des critiques car le gouvernement dirigé par Mnangagwa, surnommé « Le Crocodile », est controversé. Le président du Zimbabwe a été réélu dans des élections qui n’étaient « en aucun cas libres équitables et fiables » selon la Cour internationale de justice.
À l’issue de son grand oral précédent l’élection, Coventry a répondu à la presse à ce sujet : « Je pense que chaque pays a ses propres défis et problèmes. En ce qui concerne le Zimbabwe les élections de 2023 se sont déroulées pour la première fois depuis vingt ou trente ans sans violences. » a-t-elle souligné.
« Fière d’être zimbabwéenne »
Coventry assume ses choix et ne manque jamais de rappeler son attachement à son pays. « J’ai toujours été fière d’être zimbabwéenne. » affirmait-elle à nos confrères du journal L’Équipe, lors d’un entretien effectué dix jours avant le vote du CIO.
Une façon d’affirmer encore plus son africanité, qui fut implicitement remise en question par un journaliste lors d’une interview, alors qu’elle était athlète olympique. « En 2004 un journaliste m’avait demandé si le pays serait heureux qu’une athlète blanche remporte la première médaille d’or en vingt-quatre ans. Je dois avouer que ça m’a choqué car je me considère comme Zimbabwéenne. Je suis néé dans ce pays comme ma mère et ma grand-mère. » a-elle expliqué à Lausanne.
Une championne de natation devenue présidente du CIO
Descendante d’une famille de colons de l’ancienne Rhodésie (aujourd’hui le Zimbabwee), Kirsty Coventry a grandi à Harare, capitale du Zimbabwee. Elle devient très tôt accros au bassin, encouragé par ses parents, fans de sport et qui travaillaient pour une entreprise de produits ménagers et chimiques.
Grand admiratrice de la Hongroise Krisztina Egerszegi, triple médaillée d’or sur 100 m dos 200 m dos et 400 m quatre nages aux Jeux Olympiques d’été de Barcelone en 1992, Kirsty Coventry a suivi les traces de son idole en obtenant sept médailles, bien qu’elle n’en ait décroché que deux en or contre cinq pour la Hongroise. Elle avait même réussi à battrer le record du monde de son idole en 2008 sur 200 m dos (2’06’’39 contre 2’06’’62).
En 2013, elle épouse son entraîneur Tyrone Seward, avec qui elle a deux filles : Ella, 6 ans et Lily 4 mois. Ensemble, ils ouvrent la Kirsty Coventry Academy qui propose des cours de natation aux enfants et adultes. Ils créent également la fondation Heroes, dont le but est de venir en aide aux enfants défavorisés.
Des actes qui résument bien l’état d’esprit de la quadragénaire, qui avait choisi comme slogan de son programme pour la présidence du CIO « Je suis parce que nous sommes ». Une façon de rappeler la dimension collective du sport et son universalisme. Kirsty Coventry, modèle de réussite pour toute une génération de sportives, a désormais les cartes en main pour appliquer ses idées à la tête du CIO.
Source SPORT.FR